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Le Festival du livre francophone du Manitoba se tient du 15 au 26 septembre 2026, à l’initiative de la Maison Gabrielle-Roy. Pour cette toute première édition, l’évènement propose des rencontres, des activités scolaires et des rendez-vous avec des auteurs pour faire vivre la littérature francophone dans la province.
Parmi les temps forts du festival (nouvelle fenêtre), un concours de slam, un programme scolaire, et des animations pendant la Nuit blanche sont prévus.
Cela va bien au-delà d’un salon du livre
, indique Sébastien Gaillard, directeur général de la maison Gabrielle-Roy, qui est derrière cette initiative. On a essayé de créer un outil de vitalité linguistique et culturel.
Pour Morgane Lemée, journaliste à La Liberté depuis une plusieurs années, avoir un festival du livre francophone est très important
.
Quand on voit une programmation aussi riche que celle de cette année, avec des invités aussi professionnels, experts et diversifiés, cela prouve qu’on a une communauté francophone très vivante et vibrante
, ajoute-t-elle.
Bien que la communauté francophone soit minoritaire, quand on voit une telle programmation, je trouve qu’on n’a rien à envier au milieu majoritaire.
Des pistes de réflexion autour du déclin de la lecture
Le festival propose aussi une table ronde consacrée à la littérature jeunesse sur le thème Sortir des écrans, entrer dans les livres, afin de proposer des pistes de réflexion sur ce thème. Cet événement sera animé par Morgane Lemée.
Le but premier de cette table ronde est d’informer autour de l’importance de la lecture, de ses bienfaits, et d’informer également autour de la surconsommation des écrans ou des médias sociaux
, précise la journaliste.
La préoccupation part du constat du recul de la lecture face aux nouvelles technologies, et aux solutions possibles
, ajoute Sébastien Gaillard.
Gail Cormier, professeure agrégée en Éducation à l’Université de Saint-Boniface.
Photo : Radio-Canada / Morgane Knoll
Pour les experts, ce ne sont pas les écrans à proprement parler qui seraient un problème.
Il ne faut pas complètement bannir les écrans et dire aux élèves qu’ils sont mauvais et qu’il ne faut pas s’en servir pour la lecture
, argumente Gail Cormier, professeure agrégée en Éducation à l’Université de Saint-Boniface et spécialiste de la langue et de la littératie.
Les écrans sont une forme de communication. Il ne faut pas les bannir, mais s’assurer qu’on est capables de communiquer de plusieurs façons.
Cet enjeu intervient dans un contexte où les compétences en lecture font l’objet d’une attention croissante au Canada, alors que les habitudes de divertissement évoluent.
Les résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), publiés le 8 septembre dernier (nouvelle fenêtre), montrent que les jeunes Canadiens restent parmi les plus performants du monde en lecture.
Cependant, entre 2018 et 2022, le score moyen des élèves canadiens en lecture a reculé de 13 points, passant de 520 à 507, et de 494 à 486 au Manitoba.
Ce résultat inquiète des experts.
Quand on lit le texte, que le texte soit sur une tablette ou que le texte soit sur une page blanche, c’est exactement la même chose. Donc l’apprentissage de la lecture en soit, qu’elle soit faite sur une tablette ou qu’elle soit faite grâce à un livre papier c’est la même chose
, tempère Jean-Éric Ghia, chercheur en neurosciences et professeur à l’Université du Manitoba.
L’expert en neurosciences présentera, lors de cette table ronde, les mécanismes neuronaux qui se mettent en place lors de la lecture.
Si je vais lire sur une tablette ou un écran pour m’instruire, c’est du temps d’écran, mais il est positif et n’a pas les effets négatifs du défilement infini ou de l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Gail Cormier fait ressortir un facteur inquiétant. Avant même la pandémie, on a remarqué une baisse de la lecture pour le plaisir. C’est un élément qui est très important à prendre en compte, car les élèves lisent encore à l’école par obligation, mais moins pour le plaisir.
Nous ne sommes pas en guerre contre les écrans
, précise Sébastien Gaillard. On peut très bien lire avec des tablettes ou un écran, mais je pense qu’il faille rendre ses lettres de noblesse à la lecture. Il faut vivre cette expérience en solitaire, sans distraction.
Dans un contexte minoritaire, l’enjeu est linguistique et culturel. Faire circuler des livres en français, rencontrer leurs auteurs et donner aux jeunes des occasions de lire dans leur langue contribuent à maintenir un espace littéraire francophone vivant au Manitoba.
Le Salon du livre, qui aura lieu les 19 et 20 septembre à l’Université de Saint-Boniface, prolongera cette réflexion avec des rencontres avec des auteurs, des séances de dédicace et plus de 15 exposants.











