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Après une incursion à la chasse, l’auteur sherbrookois Olivier Lussier nous emmène cette fois-ci à la pêche à la mouche, sans jamais nous leurrer.
Ouananiche – amitiés, deuils et pêche à la mouche est un livre formidablement touchant. Comme le sous-titre l’indique, Olivier nous raconte ses histoires de pêche, nous en décrit tout le vocabulaire (fort pertinent pour une néophyte comme moi), et s’ouvre sur les deuils de sa vie, sur ses amitiés aussi. J’ai pleuré. J’ai souri. J’ai tout aimé. Tout, sauf la recette d’œufs dans le vinaigre. J’y reviendrai.
La pêche, c’est la nature. La nature, c’est la poésie. Tout ça, ça va ensemble
, affirme Olivier Lussier, faisant référence à la poésie naturaliste. Il y voit un diptyque, une suite logique à Cariacou, manuel de chasse à l’usage des poètes, paru en 2023. Pour lui, les deux livres sont indissociables l’un de l’autre, mais peuvent vivre l’un sans l’autre.
Dans « Cariacou », on avait le jeune homme et la chasse. La chasse qui est un legs familial. Dans Ouananiche », c’est l’adulte en construction, qui va vers la pêche pour apprendre à gérer ses deuils.
L’auteur qualifie son nouvel ouvrage d’autofiction, mais cette fois-ci la fiction prend davantage de place. Comme écrivain, ç’a vraiment augmenté mon expérience à moi aussi.
S’échapper du monde
Pêcher n’est toujours qu’un prétexte pour se sauver
, c’est ce qu’Olivier m’a gentiment écrit comme dédicace. J’y ai pourtant vu tout le contraire. Il m’explique.
Je pense qu’il y a ça aussi, dans le livre, cette espèce de notion de fuite, qui n’est pas une fuite, qui est une réflexion. C’est cette idée de s’échapper du monde tel qu’on le connaît, de la friction du monde, du stress du monde. Il y a une fuite, mais c’est une fuite à l’intérieur.
On navigue donc avec Olivier dans toutes sortes de courants. Parfois en eau profonde, parfois en eau plus tourmentée ou très calme. Le processus d’écriture s’est d’ailleurs déroulé dans tous ces contextes.
Une plume moderne, vive, ponctuée d’humour
L’auteur traîne souvent un carnet avec lui. Il privilégie une écriture sensible, ancrée dans une oralité fignolée. On a d’ailleurs l’impression de l’entendre nous faire la lecture. Un courant contemporain dans la littérature, loin de faire l’unanimité, selon lui.
Certaines personnes vont dire que ce n’est pas assez littéraire, ce n’est pas écrit avec un langage soutenu. Ce n’est pas un livre qui est écrit au passé simple. C’est parfois une critique que je peux avoir, mais j’ai travaillé l’écriture comme ça. Je lis tous mes textes à voix haute, ce n’est pas juste des mots garochés sur une page, il y a du travail derrière ça.
Après la chasse, l’auteur sherbrookois Olivier Lussier nous emmène à la pêche avec « Ouananiche », publié aux Éditions de Ta mère.
Photo : Radio-Canada / Anik Moulin
Dans Cariacou comme dans Ouananiche, Olivier prend plaisir à partager des recettes. Dans son plus récent ouvrage, il nous offre celle des œufs dans le vinaigre, que je ne ferai jamais. Pas mon genre, tout simplement!
Cela dit, ce que j’apprécie, c’est l’ajout de ce paragraphe, qui invite à prendre le temps.
Ouananiche – amitiés, deuils et pêche à la mouche, publié aux Éditions de Ta mère, est disponible en librairie.










