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Le «Douzou», une petite rentrée littéraire avant la rentrée

Source : Le Devoir

Historiquement, les amateurs de livres devaient patienter tout l’été jusqu’en septembre pour mettre la main sur les nouveaux titres québécois attendus à la rentrée littéraire. La popularité de l’événement Le 12 août, j’achète un livre québécois ! a toutefois chamboulé le calendrier de parutions, ce qui a des effets sur toute la chaîne du livre.

« Ma collègue est en train de préparer une vitrine juste avec les nouveautés qu’on a reçues cette semaine. Il y en a beaucoup cette année pour le 12 août », constate Marie-Hélène Vaugeois, propriétaire de la librairie Vaugeois, à Québec.

Entre le 3 et le 12 août, au moins une vingtaine de titres québécois sont arrivés en librairie, juste à temps pour la journée lors de laquelle le public, depuis 2017, consomme en grand nombre la littérature québécoise. Parmi eux se trouvent des romans attendus, comme Traumathys, de David Goudreault, Le mur, de Christian Guay-Poliquin, ou Les derniers mandarins, de Louise Penny et Mellissa Fung.

Les éditeurs sont à l’origine de ce phénomène. « On a tous pris l’habitude de devancer des parutions », indique Geneviève Pigeon, présidente de l’Association nationale des éditeurs de livres et directrice générale des éditions de L’Instant même. « Pourquoi ne pas mousser un titre en particulier qui risquerait d’être perdu dans la très grande quantité de titres à paraître en septembre et en octobre ? »

Selon les chiffres de la Société de gestion de la banque de titres de langue française des dernières années, les ventes dans les librairies indépendantes explosent le 12 août autant pour les nouveautés que pour les titres parus il y a plus d’un an. En 2025, les trois romans québécois s’étant hissés au sommet du palmarès de cette journée étaient des romans qui avaient atterri dans les rayons au début août.

Le 12 août marque maintenant pratiquement le début de la rentrée littéraire. Mais pour que ces titres soient en librairie pour l’occasion, ils doivent être tout prêts en juillet, voire en juin.

« En été, les choses ralentissent, les gens prennent des vacances. Il faut faire une planification et travailler plus à l’avance avec l’auteur, le graphiste, le réviseur. C’est une date qui fait qu’on n’a pas de marge », selon Geneviève Pigeon.

Des imprimeurs aux diffuseurs

À Imprimerie Gauvin, à Gatineau, les calendriers de production sont pleins à cette période de l’année, et le 12 août y est pour quelque chose.

« Des centaines de commandes en ligne ont été faites pendant nos deux semaines de vacances estivales. Quand on a rouvert cette semaine, ça débordait, raconte le président, André Gauvin. On se demande si on doit augmenter les horaires, faire travailler davantage les employés. On devrait sortir avec pas loin d’un mois record. »

Les nouveautés du mois d’août sont généralement dans les boîtes depuis mai, juin ou juillet. Ce qui occupe l’imprimeur au mois d’août, ce sont surtout des réimpressions pour le 12 août, qui s’ajoutent aux titres attendus à la rentrée littéraire de septembre. « C’est comme le magasinage de Noël. Certains attendent le 24 décembre », dit M. Gauvin en rigolant.

Du côté des diffuseurs et des distributeurs de livres, l’été est devenu un casse-tête logistique.

« Il a fallu tout réorganiser notre calendrier de travail autour de cette date-là », souligne Josée Labelle, directrice du développement commercial à Interforum Canada.

Toute son équipe doit être de retour de vacances le 10 août afin d’accompagner les éditeurs et les auteurs dans les événements en librairie, faire de la promotion sur les réseaux sociaux et gérer rapidement les problèmes possibles avec les commandes. La préparation pour le 12 août est effectuée en juin, alors que les vacances de tous les employés sont maintenant compressées en juillet.

La situation est similaire à Diffusion Dimédia. « L’équipe commerciale doit visiter les librairies en juin avant les vacances pour s’assurer qu’ils ont en stock les titres dont ils veulent faire la promotion pour la journée du 12 août », indique la directrice générale, Nadine Perreault, qui remarque un petit « creux de vague » dans les nouvelles parutions au début septembre.

L’esprit du « Douzou »

Dans sa librairie, Marie-Hélène Vaugeois constate que certains lecteurs attendent cette date pour mettre la main sur des romans attendus qu’ils avaient déjà l’intention de se procurer. Jean-Benoît Dumais, directeur général de la coopérative Les Librairies indépendantes du Québec, souligne toutefois que l’ADN des librairies indépendantes est de valoriser le livre de fonds (qui n’est ni une nouveauté ni un grand succès), autant le 12 août que le reste de l’année.

Mme Vaugeois abonde dans le même sens. « Si tu achètes quelque chose que tu connais et que tu aurais acheté de toute façon, il y a une découvrabilité qui se fait moins. On perd un peu l’essence du 12 août, estime la libraire. David Goudreault, on l’aurait vendu

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Titre: Douzou

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