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Les choix de l’équipe du réseau Les libraires

 

Tout lire sur: Revue Les Libraires

Source du texte: Lecture

Le 12 août est devenu un rendez-vous incontournable pour les amoureux et amoureuses de littérature québécoise. Depuis treize ans, cette journée célèbre le talent immense de nos auteurs et autrices, illustrateurs et illustratrices qui nous font rire, réfléchir, vibrer et tourner les pages à des heures parfois incongrues. Devant la richesse des propositions, une question se pose : par où commencer?  Pour vous aider à faire votre choix, et peut-être allonger votre pile à lire, l’équipe du réseau Les libraires a rassemblé quelques-unes de ses lectures marquantes. De quoi éveiller votre curiosité et, qui sait, vous guider vers votre prochain coup de cœur québécois.

imageGranby au passé simple
Akim Gagnon (La Mèche)

Débarque un jour le père d’Akim à Montréal. Cette visite impromptue amène le protagoniste à revisiter cette enfance vécue dans une maison mobile à Granby en compagnie de son frère et de son père affectueusement appelé Pop. Malgré tous ses travers et les situations périlleuses qu’il ne semble pas pouvoir éviter, il est clair que Pop fait de son mieux pour aider ses enfants à trouver une place dans ce monde. Roman d’amour sans les roses, cette œuvre, mêlant humour et mélancolie, offre un bel éclairage sur la complexité de la filiation et le deuil qui souvent doit être fait en laissant tomber l’image idéalisée des parents.
-Le choix de Cédric Demers, directeur administratif, Les Librairies indépendantes du Québec, coopérative

imageNous étions le sel de la mer
Roxanne Bouchard (VLB éditeur)

En Gaspésie, un corps est remonté par des pêcheurs dans leur filet lors d’une sortie en mer. On suit alors l’enquête du sergent Moralès pour découvrir ce qui a pu se passer et la quête de Catherine qui cherche des réponses sur sa mère, femme libre et orageuse, qui a passé sa vie à fuir sur son voilier. Les personnages, qui ne sont jamais caricaturaux, sont les véritables trésors de ce livre. À la fois roman et enquête policière où se croisent poésie et récits de pêcheurs, il s’agit pour moi d’une œuvre complète : une langue belle et riche, des personnages authentiques et nuancés et une intrigue juste assez mystérieuse pour nous tenir en haleine jusqu’à la fin. Et la mer, magnifique et terrible, nous accompagne tout au long de notre lecture.
-Le choix de Sandra de Senneville, responsable des commandes et du service aux membres, Les Librairies indépendantes du Québec, coopérative

imageArchitectures de la joie
Anaïs Barbeau-Lavalette et Steve Gagnon (Marchand de feuilles)

À travers leur correspondance, Anaïs Barbeau-Lavalette et Steve Gagnon tissent une amitié qui « ne ressemble à aucune autre », amorcée après une rencontre aux Îles-de-la-Madeleine. Les lettres qu’ils s’échangent sont comme des parenthèses dans leur vie mouvementée, des bouffées d’air salvatrices dans leur quotidien. Avec vulnérabilité et douceur, ils se confient avec une franchise désarmante conférant à l’ensemble une authenticité indéniable. En s’écrivant, ils s’enracinent, s’émerveillent de ce qui les entoure, habitent le monde, en embrassant tout, même ce qui est plus douloureux. Cette lecture vibrante nous donne le goût de poursuivre la même quête de sens; elle nous incite à célébrer l’existence et à chercher la joie nous aussi, à aiguiser notre regard pour la débusquer.
-Le choix d’Alexandra Mignault, directrice de la revue Les libraires

imageLes filles et les monstres
Elizabeth Lemay (Boréal)

S’il y a un essai qu’il faut lire cette année, il ne fait aucun doute qu’il s’agit de celui-ci. Brillant à souhait, il exhibe les plus grandes plaies du sexisme ordinaire, inventoriant les idées que nous avons internalisées au fil des siècles à propos des hommes et des femmes et qui gangrènent encore aujourd’hui nos sociétés. L’autrice n’hésite pas à se mettre sous le bûcher et à exposer ses propres contradictions, quitte à prêter le flanc à ses détracteurs. « Instinctivement, j’ai appris à ne pas être que purement détestable, je dois aussi être désirable. Mais c’est un piège qui m’enchaîne dans le second rôle. » Dans le détour, elle parle de l’écriture comme outil d’embrasement, du fardeau de la politique des deux poids, deux mesures, du miroir déformant qui tord les perceptions dès lors qu’une femme ose se montrer telle qu’en elle-même, du statut pernicieux d’être à la fois femme et écrivain. Une lecture pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent mettre le feu aux poudres.
-Le choix d’Isabelle Beaulieu, rédactrice en chef de la revue Les libraires

Couverture du livre Les pires moments de l'histoire

Les pires moments de l’histoire
Charles Beauchesne et Xavier Cadieux (Front Froid)

Peu d’humoristes me font rire aux éclats jusqu’à en perdre mon air comme Charles Beauchesne. Il était donc inévitable que l’amour inconditionnel que je porte à son balado Les pires moments de l’histoire se transpose à son pendant du 9e art illustré par le talentissime Xavier Cadieux. Au programme : une série de courts épisodes tirés des capsules créées pour La soirée est (encore) jeune. De la malédiction de la momie à l’invention de l’imprimerie, cet astucieux mélange de blagues, de faits historiques finalement plus fascinants qu’on pourrait croire et d’illustrations en noir et blanc crée un chaos jouissif duquel il est difficile de s’extirper. À lire sans modération pour épater la galerie, parce que, soyons honnêtes, tout est plus facile à comprendre quand c’est expliqué avec des petits bonshommes.
-Le choix de Vicky Sanfaçon, créatrice de contenu et rédactrice, Les Librairies indépendantes du Québec, coopérative

Couverture du livre Parlez-moi d'amour : Une bluette sous la direction de Léa Clermont-Dion

Parlez-moi d’amour : Une bluette sous la direction de Léa Clermont-Dion
Collectif sous la direction de Léa Clermont-Dion (Cardinal)

Cette bluette réunit douze auteurs et autrices autour d’un même thème, avec un grand A : l’Amour. Sous la direction de Léa Clermont-Dion, on découvre l’amour dans ce qu’il a de privé et de politique. À travers des récits de filiation, d’amour maternel, d’amitié, de désir, de vie à deux, d’amour romantique, de solidarité, de deuil ou d’amour de soi, ce livre propose une réflexion qui dépasse largement les contes de Disney. L’amour s’y montre sans filtre : tendre, maladroit, bouleversant, parfois même un peu messy. L’amour n’y est pas illustré comme une destination, mais comme un sentiment aussi doux que brutal, parfois contradictoire. Ces textes sincères, lucides et généreux rappellent qu’il existe autant de façons d’aimer que de personnes pour les raconter.
– Le choix d’Ariane Lehoux, directrice générale adjointe, Les Librairies indépendantes du Québec, coopérative

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