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L’écrivain Éric Dupont revient à Toronto dans Les princes charmants

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Les princes charmants est un récit personnel où Éric Dupont vient faire un pèlerinage à Toronto, ville où il a passé plusieurs années alors qu’il travaillait sur sa thèse et où il a enseigné le français.

Aujourd’hui, je décide de voyager vers Toronto seul parce que j’ai besoin de décider si tu es lac ou fleuve, pour comprendre si je dois m’éloigner ou m’approcher. Par ces mots écrits au début de l’ouvrage, Éric Dupont place le lecteur au-dessus de son épaule, alors qu’il s’adresse à l’homme qui partage sa vie par de courtes missives.

En entrevue, l’auteur explique le choix de cette forme comme s’étant imposée d’elle-même, car chaque chapitre est lu à voix haute à quelqu’un. Ainsi, Les princes charmants n’est pas un roman, mais un récit de voyage qui raconte un week-end qu’Éric Dupont a vécu à Toronto sur les traces de son passé.

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Un certain onirisme

Le narrateur est d’humeur maussade lorsqu’il monte dans le train entre Toronto et Montréal, fustigeant les paysages autour de la voie ferrée qui relie les deux villes. Une fois arrivé dans la métropole, il partage ses souvenirs d’une cité froide, presque hostile.

Quand on la compare à des villes de moindre taille au Canada, Toronto peut avoir l’air inhumaine, pense Éric Dupont, que ce soit dans son architecture, dans la manière de vivre ou l’aménagement, précise-t-il. Cela n’empêche pas l’auteur d’écrire de belles pages où se mélangent ses émotions, le tracé des rues de la ville et un certain onirisme.

En même temps, il salue le multiculturalisme porté par la métropole. Quand on est enseignant à Toronto et qu’on a trente élèves devant soi, on est face à trente univers qui se laissent parfois entrevoir, parfois non, se souvient l’auteur.

Éric Dupont

L’auteur Éric Dupont.

Photo : Avec l’autorisation de Marchand de feuilles

La rencontre avec l’une de ses étudiantes à sa montée dans le métro, à la gare Union, a été l’élément déclencheur du récit : La petite dont je parle au début du livre, elle m’a vraiment retrouvé, souligne Éric Dupont, et ça m’a marqué à un point tel que j’ai résolu d’en faire un jour un récit littéraire.

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Un véritable cauchemar

En tant qu’enseignant québécois ouvertement gai en 1995, Éric Dupont raconte un Toronto peu inclusif. Dans son livre, il décrit même un véritable cauchemar.

En entrevue, il détaille sa pensée : En 1995, il y a eu le référendum au Québec et quand j’allais faire de la suppléance dans les écoles anglophones, les gens entendaient mon accent et me demandaient systématiquement de quel bord j’étais. Concernant la question de l’homosexualité, il a entendu des insultes provenant d’élèves de 14, 15 ou 16 ans.

Maintenant, l’auteur tempère : Quand je vais à Toronto aujourd’hui, les gens ne font plus de commentaires sur mes origines québécoises. D’ailleurs, une certaine tendresse se dégage parfois de cet ouvrage qui rend hommage à la métropole et à l’une des multiples vies (celle d’Éric Dupont) qui participent à lui donner son âme.

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