Source : Le Devoir
Dystopique, le premier roman de Florian Grandena n’est pas sans évoquer les classiques du genre, ceux d’Orwell et de Huxley, mais on pense aussi à Kafka et même à Vian. Victor Deville vit sous un régime totalitaire mené par une entreprise, la Fabrique. Munis d’un capteur sous-cutané, les individus appartiennent à des castes, et leurs moindres gestes (et pensées) sont surveillés. Quand il apprend qu’une chauve-souris s’est nichée à l’intérieur de lui, le héros commence à perdre pied. C’est à ce moment-là que Léo Saint-Pierre, membre de la résistance, vient déposer sur la sordide existence de Victor un éclairage bienfaisant, une sensualité salvatrice. « Et peut-être, oui, il n’est pas seul après tout. Peut-être sont-ils même nombreux, pense Victor, nombreux à se souvenir de la vie d’avant la Grande Réforme : la vraie musique, la lumière, la chaleur, leurs parents, leurs sœurs. » Truffé d’échappées dans les rêveries d’un héros très attachant, des passages où la prose de Grandena se déploie avec splendeur, le roman est aussi captivant qu’émouvant.
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