Amorce Web
Lecteur impuni, arpenteur de bibliothèques — réelles ou imaginaires — et joueur invétéré, Enrique Vila-Matas n’a pas dit son dernier mot. Vidal Escabia, le narrateur d’Un canon de chambre noire, le nouveau roman de l’écrivain espagnol, a été l’assistant et secrétaire, puis ami et « héritier sur la Terre » d’un grand écrivain appelé Altobelli dont il a hérité de la bibliothèque. Avec raison, son mentor croyait que, sans les ombres, les livres « qui nous plaisent tant ne seraient rien ». Un éloge de l’obscurité, des culs-de-sac et de l’intelligence — réelle ou artificielle. Mais un roman qui porte aussi, au-delà des boutades, une dimension plus intérieure, programmée par cette phrase venue d’un roman de Paul Auster : « Il voyait ces pas qui ne le menaient nulle part le mener en lui-même. » Un jeu de cache-cache littéraire rempli comme toujours de références ludiques, et un roman érudit et mélancolique dans lequel l’auteur de Bartleby et compagnie et du Mal de Montano fait se rencontrer à sa façon les univers de Borges et de Blade Runner.
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