Tout lire sur: Véronique Cloutier Livres
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Je n’ai pas cherché à m’enfuir. Par expérience, je savais que l’instinct m’aurait aussitôt rattrapée. J’ai fermé les yeux quelques fois, savourant le retour du vent dans mon pelage.
Celui qui a deux couches : une première de bourre, où les poils sont fins et denses, et l’autre, où ils sont plus longs et grossiers.
Aussitôt mon museau apparu, j’ai reconnu l’odeur terreuse et épicée de ma forêt. J’étais une bête à nouveau, et mes signaux internes ne me dictaient qu’une chose : courir. Courir jusqu’à ma tanière creusée profondément pour qu’elle ne soit pas trouvée.
Tête baissée, je me suis rapidement rendue à destination sans savoir combien de temps allait durer ce séjour.
En descendant, j’ai croisé d’autres bêtes, et quelques-unes m’ont demandé quel était le meilleur chemin à prendre pour remonter à la surface.
Comment pouvais-je les aider si, moi-même, je l’ignorais ?
Je répondais n’avoir ni boussole ni carte topographique pour nous situer. J’aurais aimé avoir la force de charrier les animaux sur mon dos pour les emmener dans un endroit sécuritaire, mais je me dirigeais à l’opposé d’où ils souhaitaient aller.
J’ai donc retrouvé ce terrier obscur, humide, qui portait encore sur ses parois les traces de griffes de mon dernier passage.
Ce n’était pas un endroit des plus chaleureux, mais de le connaître aussi bien me le rendait confortable.
C’était juste quand je vous disais que j’étais une femme caméléon. Mais quand je n’arrive plus à moduler les cristaux sous ma peau pour m’adapter aux bonnes couleurs et que je maudis cette souffrance, c’est un mammifère sauvage qui surgit.
Une bête rousse au ventre blanc et aux pattes noires qui fait de moi une femme intuitive aux sens développés, à l’intelligence aiguisée, mais qui me pousse aussi à me cacher profondément dans ma forêt pour me protéger.






