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Raphaël Potvin est le lauréat du Prix du récit Radio-Canada 2026 pour son texte Points de suture. Le jury, composé de l’écrivaine et professeure Claire Legendre, de l’écrivain et animateur Jean-Philippe Pleau et de l’ancien chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador Ghislain Picard, a choisi son récit parmi les cinq textes dans la course finale.
Les premiers mots de ce récit poignant donnent immédiatement le ton : Je suis venu au monde de travers. La lumière au bout du tunnel, c’était le métal des forceps. Ils m’ont pogné la tête comme on arrache un pissenlit d’une belle pelouse bien tondue. Neuf mois dans cette grande noirceur chaude, pis soudainement quelqu’un qui te tire vers quelque part où ça te tente pas pantoute d’aller.
Son texte avait d’abord été retenu dans la liste préliminaire de 24 récits, sélectionnés parmi plus de 730 textes. Le comité de lecture expliquait son choix ainsi : Un récit qui se tient tout en lui-même. Un sujet sensible, traité avec franchise. On arrive à ressentir le malheur, la douleur du personnage. Dans une certaine brièveté, l’auteur/autrice arrive à faire monter une tension, à nous interpeller, à nous attacher à l’histoire. Il y a un effet narratif qui s’établit simplement, naturellement.
Qu’est-ce qui a décidé le jury?
Jean-Philippe Pleau, Claire Legendre et Ghislain Picard forment le jury du Prix du récit Radio-Canada 2026.
Photo : Radio-Canada / Ronald Georges, Lou Scamble et Jean-Baptiste Demouy
Points de suture a fait l’unanimité au sein du jury, profondément touché par la force d’une langue singulière, spontanée, à la fois ciselée et efficace.
C’est un texte qui parle à notre sensibilité et éveille notre cinéma intérieur. On y entend la voix d’un narrateur qui retrace l’histoire de sa douleur, la difficulté de sa relation aux autres, mais qui parvient à le faire avec dérision et humour.
Le jury y voit également une œuvre thérapeutique. En revenant sur l’enfance et l’adolescence du narrateur, on prend le pouls d’une époque marquée par l’intimidation et l’homophobie. Nous y avons senti un supplément d’âme unique et la puissance d’une plume particulièrement acérée.
Un parcours marqué par la musique
Originaire du quartier Beauport à Québec, Raphaël Potvin réside aujourd’hui à Saint-Ferréol-les-Neiges. Ma mère était éducatrice, mon père travaillait dans une imprimerie
, raconte-t-il. J’ai passé ma vingtaine au centre-ville de Québec avant d’aboutir sur la Côte-de-Beaupré. Un ami proche avait déménagé à Saint-Ferréol-les-Neiges, j’allais souvent le voir pour des projets musicaux, puis je suis tombé en amour avec le coin.
Pigiste en montage vidéo et en animation graphique, il a auparavant travaillé 10 ans dans une boutique de planches à roulettes, organisé des spectacles et géré une maison de disques. Musicien, il est parolier et bassiste pour le groupe Caravane depuis 2013. La formation effectue une dernière tournée cet automne, qui se terminera à L’Impérial Bell de Québec le 19 décembre 2026. Il est également père d’une fillette d’un peu plus de 1 an : Ça m’occupe pas pire.
C’est en anglais que Raphaël Potvin a commencé à écrire, inspiré par la musique métal et punk qu’il écoutait quand il était adolescent. Après avoir été recruté par le groupe The Hunters comme bassiste, il s’est mis à écrire des chansons pour ce groupe et pour plusieurs artistes : Caravane, New Bleach, Bønanza, et plus récemment, pour Dom Pelletier. Durant la pandémie, il s’est remis à l’écriture.
Une victoire inattendue
Stupéfait par cette victoire, le lauréat avoue ressentir un vif sentiment d’imposture. Je me suis toujours inscrit à ce concours pour me forcer à finir quelque chose, il semble que ça en a vraiment valu la peine.
Il espère que ce prix lui donnera le souffle nécessaire pour finir son premier roman. J’en ai commencé plusieurs, mais je n’en ai encore jamais terminé un.
Une bourse de 6000 $ et un séjour d’écriture à Banff
À titre de lauréat du Prix du récit Radio-Canada 2026, Raphaël Potvin obtiendra une bourse de 6000 $, offerte par le Conseil des arts du Canada, (nouvelle fenêtre) et participera à une résidence d’écriture de deux semaines au Centre des arts de Banff, en Alberta (nouvelle fenêtre).
Les quatre autres finalistes du Prix du récit Radio-Canada 2026 se partageront 4000 $, offerts par le Conseil des arts du Canada (nouvelle fenêtre).
Quant à la gagnante/au gagnant de langue anglaise (CBC Non Fiction Prize), il s’agit de Jenna Timmons-Oikawa (nouvelle fenêtre). On peut lire son récit Wawa Indian sur le site de CBC Books (nouvelle fenêtre).












