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La deuxième sélection du Prix Goncourt 2026 :
Boris Bergmann, Minotaure, Albin Michel
Sonia Devillers, Le fabuleux piano, Robert Laffont
Anne Godard, Nous aussi, Actes Sud
Yannick Haenel, La solitude des professeurs est infinie, Gallimard
Philippe Jaenada, L’inconnue du Quai de Javel, Flammarion
Clémentine Mélois, Choses que je croyais perdues, L’Arbalète/Gallimard
Sylvain Prudhomme, De l’autre côté du lac, Minuit
Olivier Rolin, La Guerre éternelle, Gallimard
La première sélection, dévoilée le 2 septembre, comptait initialement 16 romans. Elle réunissait Boris Bergmann, Louise Chennevière, Ananda Devi, Sonia Devillers, Anne Godard, Olivier Grondeau, Yannick Haenel, Lilia Hassaine, Philippe Jaenada, Jean-Yves Jouannais, Emma Marsantes, Clémentine Mélois, Sylvain Prudhomme, Olivier Rolin, Patrice Trigano, mais aussi un certain Thélyson Orélien.
Avant même cette deuxième étape, la liste avait déjà perdu un titre : le 25 septembre, l’Académie Goncourt a retiré C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien (Grasset), en invoquant à la fois des plagiats relevés dans des textes antérieurs de l’auteur et des analyses selon lesquelles le roman serait, « selon toute vraisemblance, très largement le produit d’une Intelligence Artificielle ». L’Académie disait vouloir ainsi « préserver l’intégrité du prix ».
De son côté, Thélyson Orélien dément toujours l’usage de l’IA : « J’ai toujours aimé la création et l’écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine », a-t-il notamment expliqué.
La controverse a aussi mis en lumière les limites des détecteurs d’intelligence artificielle : aucun de ces outils ne permet, à lui seul, d’établir de façon certaine l’origine humaine ou artificielle d’un texte. Notre dossier consacré à l’affaire revient sur les différents éléments établis et ceux qui restent impossibles à démontrer. La décision du Goncourt n’a d’ailleurs pas fait l’unanimité au sein même de l’Académie. Pascal Bruckner s’est notamment démarqué de ses confrères.
Présidée par Philippe Claudel depuis 2024, l’Académie compte notamment Camille Laurens, secrétaire générale, Françoise Chandernagor, vice-présidente, Pascal Bruckner, Tahar Ben Jelloun, Pierre Assouline, Éric-Emmanuel Schmitt et Christine Angot. Cette édition se déroule quelques semaines après la disparition de Didier Decoin, mort le 5 août 2026, ancien secrétaire général puis président de l’Académie.
Le prochain lauréat succédera à Laurent Mauvignier, récompensé en 2025 pour La Maison vide, publié aux éditions de Minuit. Si le chèque associé au Goncourt reste fixé à 10 €, sa principale récompense demeure ailleurs : une exposition considérable et, généralement, une forte accélération des ventes en librairie.
Malgré un roman volumineux et exigeant, La Maison vide atteint 565.783 exemplaires vendus selon Edistat.
Veiller sur elle, de Jean-Baptiste Andrea, Goncourt 2023 et paru en août de la même année, approche désormais les 890.000 exemplaires vendus, grand format et poche cumulés, selon Edistat. Houris, de Kamel Daoud, récompensé en 2024 après sa parution en août, atteint près de 430.000 ventes. L’Anomalie, d’Hervé Le Tellier, Goncourt 2020, dépasse aujourd’hui 1,5 million d’exemplaires écoulés, six ans après sa parution.
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Crédits photo : ActuaLitté (CC BY-SA 2.0)
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Par Hocine Bouhadjera
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