Mine de rien, ils sont les rouages invisibles de la société israélienne. Ils sont ouvriers agricoles, enseignantes, cuisinières, éboueurs. Dans Le livre de la disparition, son deuxième roman, la journaliste et écrivaine palestinienne Ibtisam Azem, basée aujourd’hui à New York, nous propose une fascinante dystopie politique sur fond de mémoire historique et familiale, imaginant que, du jour au lendemain, la population palestinienne d’Israël et de Gaza s’est volatilisée au milieu de la nuit. Une disparition de masse qui fait dérailler le cours normal de la vie quotidienne. Dans un hôpital, c’est un chirurgien qui ne se présente pas, des patients disparus. Dans une prison, ce sont tous les détenus politiques palestiniens qui se sont évaporés — mesurez ici toute l’ironie de ce qui ressemble à une métaphore. Ibtisam Azem brosse du même coup un portrait de société où les Palestiniens, paradoxalement, par le seul poids de leur absence, retrouvent la visibilité qui devrait être la leur.
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