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«Porteuse. Offrir la vie»: mettre des parents au monde

Source : Le Devoir

Monica Windsor est physiothérapeute spécialisée en neurologie, hockey mom, amoureuse et violoniste à ses heures. Elle a aussi été porteuse. Comme dans « femme porteuse », mais pas « mère porteuse ».

« J’avoue avoir un malaise avec cette appellation. Dans mon livre à moi, la seule mère dans tout ce processus est la mère d’intention », écrit l’autrice, même si ce terme est largement utilisé, notamment par le gouvernement du Québec.

Le petit que Monica Windsor a hébergé dans son ventre pendant neuf mois, Félix, n’est pas le sien. La mère, c’est Joannie, sa cousine, qui, avec son conjoint Denis, essayait d’avoir un enfant depuis dix ans, enchaînant les fausses couches et les échecs.

L’autrice fait ainsi partie des premières personnes à participer à un projet de gestation pour autrui depuis que celle-ci est encadrée par la loi 12, adoptée au printemps 2023. Son livre Porteuse. Offrir la vie, démystifie ce processus méconnu, étape par étape, au travers de sa propre expérience. Il est ponctué de questions pratiques auxquelles ont répondu des professionnels, comme des chercheurs, une avocate et une infirmière. Monica Windsor partage également certaines réflexions critiques de la loi et de son application, qu’elle juge parfois rigide.

Son œuvre s’adresse aux futures femmes porteuses et aux parents d’intention, mais aussi à un public plus large. « On m’a posé tellement de questions quand j’étais enceinte, dit-elle. Souvent, les gens ne savaient même pas que ça se pouvait au Québec. Je voulais déconstruire certains mythes, mais aussi faire savoir aux couples qui pensent à l’adoption que c’est possible d’avoir un enfant de cette façon. »

Même certains employés à qui elle a eu affaire dans les cliniques et les hôpitaux ont semblé être pris au dépourvu. « J’espère qu’il y aura une formation appropriée au personnel de la santé à ce sujet », ajoute-t-elle.

Une épreuve physique et psychologique

Ce livre est aussi celui que Monica Windsor aurait aimé avoir entre ses mains lorsqu’elle se lançait dans cette aventure vertigineuse. « J’aurais eu besoin d’un témoignage comme celui-là, qui nomme les émotions que je pouvais traverser, la difficulté à concilier les rendez-vous médicaux avec le travail et la famille, la pression qu’on se met pour que ça fonctionne », confie celle dont le récit est parsemé d’analogies de hockey. « Les enjeux sont tellement grands : on porte ce qu’il y a de plus précieux pour d’autres personnes. »

Encore plus que l’épreuve physique, son parcours psychologique en montagnes russes a été éprouvant. Influencé par les fluctuations hormonales, son esprit a alterné entre l’excitation des débuts, l’anxiété du transfert d’embryon, l’enchantement des échographies, l’impression de négliger sa propre famille, la joie et le désarroi.

« Lorsque je participais à des événements avec Joannie et Denis, comme la fête pour révéler le sexe de l’enfant ou le baby shower, le pic d’émotion était très haut. Tellement de gens me prenaient dans leurs bras avec les larmes aux yeux, ils me remerciaient. Les hauts étaient très hauts, mais les bas étaient quand même assez bas », raconte la mère de deux garçons.

Les émotions ont été plus vives et nombreuses que lors de ses deux précédentes grossesses. Monica Windsor se sentait parfois seule. Elle ne pouvait pas toujours faire part de son vécu au couple concerné, qui vivait à trois heures de route. Il faut dire qu’elle ne voulait pas non plus l’accabler avec ses états d’âme.

Après l’accouchement, la femme porteuse a touché le fond. À la fin de cette période intense avec sa cousine et son conjoint, quand elle est retournée à la vie normale, elle a ressenti un vide — un deuil, même. Elle a fait une dépression post-partum. « C’est comme si mon corps comprenait qu’il avait accouché de quelque chose, mais que ce quelque chose n’était pas là », explique-t-elle.

Une relation unique

Son projet de livre l’a aidée à décortiquer ce qu’elle vivait, à mieux se comprendre, à se guérir. Aujourd’hui, les nuages au-dessus de sa tête sont partis. Il ne reste que l’amour et la fierté.

« Que Joannie et Denis puissent être parents grâce à moi, c’est fantastique. Chaque fois que je les vois, le petit a grandi », se réjouit-elle.

Ses liens avec leur cocon familial sont encore très forts. Monica Windsor conçoit son rôle envers Félix, âgé de 15 mois, comme celui d’une « fée marraine ». « J’ai une proximité avec cet enfant-là qui est en deçà de ce que j’ai avec mes enfants, mais qui est supérieur à n’importe quel neveu ou nièce », précise-t-elle.

Si elle devait donner un conseil aux femmes

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Titre: Porteuse. Offrir la vie

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