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Élisabeth Desbiens : La romance en balado

 

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Élisabeth Desbiens s’interrogeait sur l’ambiguïté qui règne entre la popularité des différentes déclinaisons de la romance et la gêne qu’éprouvent certaines lectrices à admettre qu’elles en lisent. « Pourquoi on se cache? On ne demande pas à un amateur de polars pourquoi il aime lire sur des meurtres, alors pourquoi faudrait-il se justifier de lire de la romance? » Son podcast n’en est pas un de suggestions de lecture; c’est avant tout une démarche d’exploration. « Au départ, c’est la dark romance qui m’intriguait parce qu’elle provoque des réactions, elle amène des questions intéressantes entre le fantasme et la réalité. Constater que ce n’est pas parce qu’on imagine quelque chose qu’on veuille le vivre dans la réalité. » La nuance s’impose, en effet.

Dans les librairies, de très jeunes filles souhaitent lire de la dark romance. Est-ce que les autrices sont conscientes de l’attrait de leurs livres pour les plus jeunes? « Pour l’instant, ce qui ressort de mes rencontres, c’est que les autrices sont très conscientes de ce qu’elles écrivent, mais aussi très protectrices de leur lectorat; elles sont engagées et ne cherchent pas à nuire aux femmes. Elles ne sont pas à l’aise de voir que des filles de 13 ans souhaitent lire leurs livres, par exemple de la dark romance, c’est pourquoi il y a de plus en plus d’alertes qui indiquent le genre. » Sylvie G., dont on peut écouter les propos dans le premier épisode, a un regard critique puisqu’elle a exercé le métier d’intervenante dans le passé, s’en inquiète. Elle revendique toutefois le droit de proposer des livres destinés aux ados, qui soient un peu plus osés, afin de répondre à leurs besoins et interrogations, par exemple sa série Les enquêtes de Kelly McDade, parue il y a quelques années.

Peut-on être féministe et aimer la dark romance? « C’est un milieu féministe dans le sens positif, où on souhaite l’épanouissement de la femme, dans son corps, ses désirs et la pleine connaissance de ses fantasmes. Les autrices décrivent des univers masculins très violents, très sombres. La manière de les contrer, c’est de créer des personnages féminins forts, qui vont passer au travers de cette violence pour découvrir leurs propres limites et s’émanciper. La dark romance est féministe parce que les femmes reprennent leur pouvoir sur les hommes. »

Mis en ligne chaque jeudi depuis le 15 août, les épisodes du balado documentaire Romance & Obsession permettront aux personnes intéressées de découvrir ce qui anime les autrices et les éditrices d’ici et d’ailleurs. On pourra y voir notamment Julie Rivard, Marie Potvin, Catherine Francoeur, Sophie Jomain, Dahlia Blake et Joyce Kitten. Elle rencontrera aussi Fleur Hopkins-Loféron, historienne de profession et autrice de l’essai Dark romance, qui a lu plusieurs centaines de romances et en explique le phénomène. Elle discute également avec l’autrice Paule Blanchette, dont le quotidien d’intervenante en centre d’aide aux victimes d’agressions sexuelles est une source d’inspiration pour les livres qu’elle écrit.

À constater le dynamisme et à la passion communicative d’Élisabeth Desbiens, on ne peut que lui souhaiter de pouvoir créer une saison deux de Romance & Obsession!

Photo : © Benoit Rousseau 

Palmarès des livres au Québec