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«C’était ça ou mourir», de Thélyson Orélien, retiré de la sélection pour le Goncourt

Source : Le Devoir

L’Académie Goncourt a retiré vendredi le roman de l’auteur québécois d’origine haïtienne Thélyson Orélien de sa sélection pour le prix Goncourt en raison des accusations de plagiat et d’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) le visant.

Cette décision « est dictée par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt et celle de l’Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes », explique par communiqué l’organisation qui avait placé le roman C’était ça ou mourir dans la première sélection pour son prestigieux prix qui sera décerné le 4 novembre.

Pour justifier ce choix, l’Académie met en avant les « plagiats dont son auteur s’est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d’être révélés, ainsi que [le] résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi mettant en évidence le fait que C’était ça ou mourir est selon toute vraisemblance très largement le produit d’une intelligence artificielle ». « Il s’agit d’envoyer un message clair » pour « affirmer que nous ne cautionnons ni n’adoubons d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA », ajoute-t-elle.

L’Académie Goncourt, présidée par l’écrivain Philippe Claudel, rendra publique sa deuxième liste le 6 octobre, et la troisième, dévoilée le 27 octobre, désignera quatre finalistes.

C’était ça ou mourir, publié initialement au Québec, puis en France en août, est l’une des sensations de la rentrée littéraire. Il a obtenu lundi le prix du roman Fnac et il fait partie des présélections des principaux prix de l’automne, dont le Femina et le Médicis.

Depuis la formulation des accusations à son égard, Thélyson Orélien se défend d’avoir utilisé l’IA pour écrire son roman, mais il n’a pas encore abordé les allégations de plagiat. Vendredi encore, il s’est gardé de commenter les accusations auxquelles il fait face et sa disqualification par l’Académie lorsque contacté par La Presse canadienne. « Je ne peux pas en parler. Je veux me concentrer sur ma santé physique et mentale », a-t-il déclaré par écrit.

Un accusateur se dévoile

Après plusieurs jours de mystère, le voile a été partiellement levé sur le compte X anonyme Balance ton Claude, qui a accusé lundi Thélyson Orélien d’avoir « presque intégralement » écrit son livre C’était ça ou mourir avec une intelligence artificielle.

L’essayiste Samuel Fitoussi, chroniqueur au Figaro, a reconnu vendredi sur X faire partie de ce « projet collectif », dont les quatre autres acteurs n’ont pas révélé leur identité à ce stade. Il a expliqué avoir agi en défense de la littérature. « Pourtant plutôt techno-optimiste, je redoute qu’après plusieurs millénaires de civilisation fondée sur l’écrit, l’IA provoque la disparition de la lecture et de l’écriture », écrit-il dans un long message sur ses réseaux sociaux.

« Ni les idées politiques d’Orélien ni le thème de son livre ne nous importaient », a-t-il assuré. C’était ça ou mourir raconte le périple à travers 12 pays d’un professeur d’histoire-géographie qui fuit son pays englué dans la violence des gangs.

« À tous ceux qui nous reprochent d’avoir nui à Orélien, pensez plutôt à l’auteur qui a passé des centaines d’heures sur son manuscrit pour écrire un magnifique livre, qui aurait mérité le Goncourt, et qui ne l’aurait pas eu », a-t-il poursuivi.

Quelques mots sur « Balance ton Claude », projet à travers lequel nous avons révélé que « C’était ça ou mourir », livre phénomène de la rentrée littéraire, est sans doute très largement rédigé par une IA.

1) Je n’étais pas seul ; il s’agissait d’un projet collectif. Les autres…

— Samuel Fitoussi (@SamuelFitouss10) September 25, 2026

Aux accusations d’avoir eu recours à une IA se sont ajoutées mercredi des allégations de plagiat au Québec pour des textes publiés il y a plus de 10 ans.

Cette affaire est la première liée à l’IA à secouer le monde littéraire français, qui, jusqu’à présent, n’a pas établi de règles collectives face au développement très rapide de cet outil. « Le monde de l’édition doit réagir vite, sans panique mais sans naïveté, sinon, il laissera s’installer un doute durable sur la valeur même des livres », affirme Arnaud Nourry, ancien p.-d.g. de Hachette et patron des Nouveaux Éditeurs, vendredi dans Le Parisien.

Activités suspendues

Les Éditions du Boréal, basées à Montréal, ont annoncé jeudi suspendre « les activités promotionnelles » entourant le livre qu’elles ont publié au printemps, puis vendu à de nombreux éditeurs étrangers, dont Grasset en France. Le même jour, le Salon du livre de l’Estrie a annoncé exclure l’auteur de sa programmation, indiquant « qu’il retire à M. Thélyson Orélien le titre d’invité d’honneur et l’invitation à participer aux deux activités qui figuraient à la programmation ».

En France, une séance de dédicaces prévue vendredi soir

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Titre: C’était ça ou mourir

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