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La rentrée littéraire 2026 : Littérature jeunesse

 

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La rentrée littéraire jeunesse, c’est un peu comme plonger sa cuillère dans le plus décadent des sundaes. Impossible de résister à cette montagne de nouveautés, garnie d’une généreuse pluie de surprises et d’une avalanche de personnages hauts en couleur. Ajoutez-y quelques éclats de fantaisie en guise de garniture et, bien sûr, la cerise sur le dessus : ces parenthèses de lecture complice que l’on garde longtemps en mémoire. Cette cuvée est si gourmande qu’on risque fort d’en redemander!

Pierre
Elise Gravel (La courte échelle)
L’autrice-illustratrice adorée des tout-petits, à qui l’on doit des classiques comme Une patate à vélo, révèle toute la candeur insoupçonnée d’un objet aussi discret qu’un caillou. Dans Pierre, elle donne voix à ce petit habitant de la forêt, qui rêve qu’un enfant le ramasse et fasse de lui son ami pour la vie… qui se calcule en millions d’années. Avec une belle touche de fantaisie, Elise Gravel signe un tout-carton qui fera fondre les cœurs de pierre; sur l’amitié, le temps qui passe et l’importance de prendre soin du monde, immuable de nature et pourtant fragile, qui nous entoure. Dès 1 mois. En librairie le 14 septembre

Mon moment préféré
Lou-Joséphine Landais et Ken Wilson-Max (Albin Michel Jeunesse)
Il y a des petits riens qui ont l’air anodins, mais qui, à travers une observation neuve, revêtent l’éclat de l’inoubliable. Pour notre narrateur, plus encore que la rivière qui défile à sa fenêtre ou la ville qui s’éveille doucement, le rendez-vous le plus précieux est son trajet matinal en autobus, où il croise avec bonheur le regard complice d’un petit chien. Jusqu’au matin où son fidèle compagnon manque à l’appel. Délicat et poétique, cet album célèbre la beauté des petits rituels, des amitiés silencieuses et de ces rencontres qui laissent une empreinte durable dans le cœur. Dès 3 ans. En librairie le 1er octobre

Le petit robot
Joe Todd-Stanton (trad. Isabelle Reinharez) (L’école des loisirs)
Dans un monde où l’on remplace plus souvent qu’on ne répare, un petit robot abandonné s’éveille au cœur d’une décharge avec un seul désir : rejoindre l’enfant qui l’aimait autrefois. Sa quête progresse vers une méditation sensible sur l’obsolescence, l’altérité et l’acceptation de soi, tout en rappelant la valeur de ce que l’on perçoit comme désuet. Les illustrations lumineuses de Joe Todd-Stanton amplifient l’émotion du récit et encouragent les jeunes lecteurs à considérer avec empathie ce qui, en silence, espère une seconde chance. Dès 3 ans

Pas disponible pour adoption
Josée Bournival et Ariane Cloutier (Les 400 coups)
Pour Barnabé, le refuge est le plus bel endroit du monde. Une gamelle bien pleine et un coin rien qu’à lui : quoi de mieux? Lorsqu’un humain décide enfin de l’adopter, c’est la catastrophe… du moins, le croit-il! Avec une bonne pincée d’humour, cet album nous entraîne dans les coulisses des centres d’adoption et aborde la peur du changement et l’audace qu’il faut pour apprivoiser l’inconnu. Une histoire étonnante et touchante qui démontre que les joies les plus inattendues se cachent souvent derrière nos appréhensions. Dès 5 ans. En librairie le 23 septembre

Le grillon dans le violon
Anna Haifisch (trad. Valérie Picard) (Monsieur Ed)
Nous connaissons tous la morale de la fable de la cigale et de la fourmi, mais l’avons-nous vraiment comprise? Anna Haifisch la revisite avec l’histoire d’un grillon, un autre insecte chanteur, qui transforme un vieux violon en refuge, puis en scène, offrant chaque soir des concerts aux animaux. Mais lorsque l’hiver se présente, sa musique semble perdre de sa valeur. Portée par un univers visuel singulier, l’autrice signe un premier album jeunesse sur le pouvoir de la création, la générosité et la solidarité. Une fable moderne qui célèbre l’art sous toutes ses formes et souligne le caractère essentiel de la beauté et de l’imaginaire. Dès 5 ans. En librairie le 14 octobre

Le jour où j’ai raté mon test de sorcellerie
Jean-Philippe Morasse (Fides)
Oubliez Poudlard : l’apprentissage des arts occultes québécois n’a rien à envier à celui de ses cousins du Vieux Continent. Jean-Philippe Morasse nous convie dans un univers magique bien de chez nous où Magalie Johnson voit son rêve de devenir sorcière menacé après avoir échoué à l’examen d’entrée du Cercle des Sorcières et des Sorciers de Montréal. Pendant qu’elle tente de se relever de cette défaite, une série de disparitions frappe sa communauté et une vision troublante pourrait détenir la clé de l’énigme. Entre magie, secrets de famille et enquête surnaturelle, ce roman jeunesse aborde sous un angle inédit des thématiques telles que l’anxiété de performance, la peur de l’échec et la volonté de tracer son chemin. Dès 9 ans. En librairie le 23 septembre

À corps perdus
Adèle Tariel et Alcoun (Père Fouettard)
Dans une société prompte à juger l’autre, ce roman d’Adèle Tariel, illustré par Alcoun, renverse les perspectives avec humour et sensibilité. Après un accident, Mila et Liam se réveillent dans le corps de l’autre et mesurent l’ampleur des injustices et des préjugés liés à leur genre. Commence alors une odyssée de Marseille à la Turquie, où la mythologie grecque se mêle à leur quête d’identité. Un roman jeunesse vif et engagé qui souligne combien se mettre à la place de l’autre peut être la première étape vers une meilleure compréhension de soi. Dès 12 ans. En librairie le 13 octobre

Un empire de sable
Ruta Sepetys (trad. Caroline Bouet) (Gallimard Jeunesse)
Détroit, 1927. Héritière d’une puissante dynastie de l’automobile, Marjorie Lennox étouffe dans un monde dominé par les apparences. Créative et indépendante, elle rejoint en secret une résidence d’artistes financée par un mécène énigmatique, espérant se réinventer et briser les barreaux de sa cage dorée. Mais derrière ce refuge idyllique, d’étranges phénomènes surviennent : portes verrouillées, bruits inquiétants, disparitions. Le doute s’installe. Inspiré d’événements réels, Un empire de sable de Ruta Sepetys nous plonge dans une période trouble, entre glamour, ambitions et secrets de famille. Dès 15 ans. En librairie le 7 octobre

Pattes d’ourse
Sébastien Gagnon (Bayard Canada)
Perdre un être cher, c’est recevoir une onde de choc dont on ne se remet jamais tout à fait. Mais lorsque cette blessure atteint une mère, comment avancer? Après la mort de son petit frère et la fermeture de leur ville, une adolescente choisit de suivre sa mère au cœur de la forêt, refusant de l’abandonner alors qu’elle s’enfonce dans un deuil où colère, silence et conversations avec les spectres composent le rythme habituel. Sébastien Gagnon signe un roman d’apprentissage poignant sur la perte, la reconstruction et ce lien mère-fille qui refuse de se rompre, même ébranlé par la fin du monde. Dès 12 ans

Boussole à la dérive
Florence Provencher (Aurea Édition)
Jade a toujours excellé : parcours irréprochable, emploi de rêve à Montréal, avenir tout tracé. Jusqu’à ce qu’un congédiement brutal fasse éclater cette façade de perfection. Derrière la réussite, une voix persistante lui murmure qu’elle n’a jamais été à la hauteur. De retour à Québec, confrontée à son passé et à ses exigences, Jade doit faire face à une anxiété de performance qui la consume. En filigrane, ce roman met en relief une pression omniprésente chez les jeunes : celle de réussir sans faillir, au risque de se perdre. Un récit lucide sur l’identité, les désillusions et la reconquête de soi. Dès 16 ans. En librairie le 14 octobre

Grands plaisirs pour petites mains

La lecture est un plaisir qui s’éveille dès les premiers mois, au fil de doux rituels : tourner les pages, s’émerveiller devant les images, se laisser bercer par une histoire. Pour accompagner ces premiers pas littéraires, rien de mieux que des albums cartonnés captivants, conçus pour les petites mains et les grandes explorations enthousiastes! S’il y a bien une vedette auprès des tout-petits, c’est le chat! Petit, gros, rond, câlin ou bougon, il se décline sous toutes les formes dans Complètement chat de Liliane Boucher et Stéphanie Savard, publié chez Bayard Canada. Un album rempli de félins rigolos qui fera ronronner de plaisir les jeunes lecteurs. Et si le chat ne fait pas l’unanimité, pas de souci! Dans Tout le monde aime les petits chiens, Caroline Décoste et Francis Léveillée suggèrent un album coloré et déjanté, à leur image, publié aux Éditions de la Bagnole. Au fil des pages, ce ne sont pas seulement de mignons bichons qui surgissent, mais une joyeuse ménagerie aux caractéristiques aussi drôles qu’inattendues. Enfin, pour les curieux, dès 3 ans, Poche-cachette de Nadine Robert et Philip Giordano, chez Comme des géants, transforme la lecture en terrain de jeu avec ses pièces détachables. À chaque page, des objets se dissimulent, prêts à être trouvés puis glissés dans la poche d’Oli. Un album interactif, premier du genre conçu au Québec, qui invite à manipuler, à observer et à recommencer, encore et encore.

Une bonne croquée

Vitaminés, colorés et croquants, les fruits et légumes sont les vedettes de nos assiettes. Et s’ils devenaient aussi les héros de nos lectures? Commençons avec une belle pomme rouge et sucrée dans Si je te donnais la moitié de ma pomme…, publié aux éditions Les 400 coups. Lorsqu’un éléphant demande à un écureuil de partager son goûter, celui-ci comprend que donner n’est pas toujours aussi simple qu’il y paraît. Malicieuse, Silvia Borando signe un album qui prouve qu’un éclat de rire se partage toujours mieux qu’une moitié de moitié de fruit. Mais qu’en est-il d’une pomme de terre frite? Est-ce encore un légume? Voilà le dilemme exquis au cœur de C’est bon ça?, de Coralie Saudo et Matthieu Maudet, publié à L’école des loisirs. À force de ne vouloir manger que des frites, un petit écureuil réalise qu’aussi délicieuses soient-elles, elles ne peuvent pas être au menu tous les jours. Une histoire croustillante qui aborde la malbouffe et les excès avec un grain de sel bien dosé. Et qui a dit que les bobettes, comme les fruits, n’avaient pas leur place dans une tarte? Dans Tartelettes aux bobettes, de Gabrielle Caron et Camille Lussier, publié aux Éditions de la Bagnole, l’imaginaire bouillonnant de Maurice mijote un menu tout en rime et complètement éclaté. Bloc de Lego en croûte et une foule d’autres plats aussi absurdes qu’alléchants n’attendent qu’une chose : être dévorés… des yeux!

Un brin de douceur

La vie n’est pas que lecture et partie de plaisir. Et si, malgré toute cette lourdeur, on osait s’offrir un peu de légèreté et de douceur? C’est exactement ce que recommande Somaya et le coffret à compliments, de Pierre Labrie et Éric Péladeau, chez Soulières éditeur. Avec son coffret rempli de compliments, Somaya a toujours les mots justes pour illuminer la journée de ceux et celles qui en ont besoin. Un album tendre qui prouve qu’un mot gentil peut offrir le plus précieux des réconforts. Une autre belle façon de prendre soin des autres est d’offrir du temps. Dans Débordé!, publié chez Kaléidoscope, Oliver Jeffers raconte l’histoire de Sophie, qui rêve de célébrer son anniversaire avec ses amis, mais les retrouve accaparés par des tâches aussi absurdes qu’interminables! Avec une touche d’espièglerie, l’auteur-illustrateur insiste sur l’importance de mettre les listes sur pause pour profiter de la présence de ceux qu’on aime. Et si la douceur était un cadeau que l’on pouvait s’offrir à soi-même? C’est une leçon que devra apprendre notre vedette punk préférée dans Elijah Betz n’a pas l’moral à Balmoral d’Hélène Gloria et Olivier Chéné, publié aux éditions D’eux. Lorsque le feu créatif s’éteint et que le bruit du monde devient trop envahissant, Elijah quitte les projecteurs pour le silence du château de Balmoral. Un album sensible et rock’n’roll qui témoigne qu’il faut parfois ralentir pour regagner son équilibre.

Sur les bancs d’école

L’école est plus qu’un lieu d’apprentissage. C’est entre ses murs que naissent les amitiés, que l’on s’ouvre aux autres et que l’on apprend à être soi-même. Dans Courage, William, courage!, de Bertrand Gauthier, illustré par Cab, publié chez Druide, William se demande s’il vaut mieux tout faire pour être populaire ou rester fidèle à lui-même. Un album sensible qui met des mots sur les défis du quotidien scolaire et étend la discussion. Mais apprendre à être soi, c’est aussi apprendre à accueillir les autres. Dans La petite nouvelle, de Caroline Lavergne et Julia Pawlowicz, publié aux Éditions de la Bagnole, une fillette déboule dans une nouvelle école, dans un nouveau pays, sans saisir la langue qui l’environne. Heureusement, la curiosité et la créativité des enfants deviennent un langage universel. Un récit tout en délicatesse qui prouve que la bienveillance peut transformer un lieu inconnu en un endroit où l’on se sent enfin chez soi. Et parfois, il suffit de changer de point de vue pour réaliser que la différence est dans l’œil qui perçoit. Joyeusement déjanté, Intrus chez les zombies, d’Anne Renaud et Richard Écrapou, aux éditions Fonfon, brouille les repères. À l’école Notre-Dame-de-la-Pourriture, Mattis est jugé étrange parce qu’il se lave les mains et n’a aucun morceau qui pendouille de son visage! Une lecture savoureuse qui nous encourage à remettre en question les préjugés et montre que l’ouverture à l’autre est peut-être la plus belle des leçons.

Être soi, pleinement

Être soi-même est sans doute ce qu’il y a de plus naturel et parfois de plus difficile sous les regards scrutateurs. Maël le sait trop bien, lui qui porte un secret qu’il ne parvient pas à exprimer. En visite chez sa cousine, il cherche les mots justes. Est-ce grâce au coq Moustache qui couve les œufs ou, plus simplement, à l’oreille attentive qu’on lui prête? Peu à peu, Maël trouve enfin le courage de se dévoiler. Avec Le secret de Maël, Renée Robitaille et Lili Grand, aux Éditions de l’Isatis, signent un album qui soutient un dialogue sain autour de l’identité de genre. Sans jamais verser dans le propos moralisateur, elles sensibilisent à l’importance d’accueillir l’autre avec ouverture et respect. L’identité se construit aussi au fil de nos racines. Dans Et moi, je viens d’où?, illustré par Audrey Jadaud et publié aux éditions Édito, Maïka Sondarjee aborde avec sensibilité la mixité culturelle. Lorsqu’une enseignante lui demande d’où vient son « beau nom », la jeune Maïka entreprend, avec ses parents, un voyage à la découverte de ses origines, entre le Québec et Madagascar. Un album tendre qui célèbre la richesse des identités plurielles. Parce qu’être soi devrait toujours être une source de fierté, Chères filles Noires / Ti fi nwa cheri m yo résonne comme une lettre d’amour adressée aux jeunes filles noires. Dans un livre adapté de Dear Black Girls, écrit dans la foulée du mouvement Black Lives Matter et illustré par Kezna Dalz, Shanice Nicole signe un texte puissant qui célèbre leur beauté, leur force et leur droit d’occuper pleinement l’espace. Publié en édition bilingue français-créole haïtien aux éditions Dent-de-lion, cet album est une ode à l’affirmation de soi et à l’appartenance.

Ouvrir ses horizons

Lorsque la tête bouillonne et que les questions débordent, les documentaires jeunesse viennent à la rescousse! Pour les passionnés de fonds marins, les éditions D’eux proposent un ouvrage aussi fascinant que magnifique. Dans Les merveilleux trésors du fleuve Saint-Laurent, de Martine Arpin et Geneviève Després, les lecteurs plongent aux côtés de Charlie à la rencontre des merveilles cachées sous les eaux. Pour ceux qui s’interrogent sur les feux de forêt qui font les manchettes, La forêt et le feu, d’Angèle Delaunois et Arnaud Tételin, publié aux Éditions de l’Isatis, apporte des réponses claires et accessibles. Avec rigueur, ce documentaire explique, entre autres, les effets des incendies et de la déforestation, tout en mettant en lumière la résilience des écosystèmes et les gestes pour les protéger. Les amateurs de jeux s’enthousiasmeront pour Histoires amusantes de jeux et de loisirs, dernier tome de la série documentaire Civilisations chez Fides. Sous la plume de l’historienne Evelyne Ferron, illustré par Jordanne Maynard, l’ouvrage retrace l’histoire des jeux à travers les époques et les cultures, révélant que le besoin de se divertir accompagne l’humanité depuis toujours. Enfin, parce qu’il faut parfois se tourner vers le passé pour mieux éclairer le présent, le docu-fiction Fugitifs! Esclavage et résistance au Québec, publié chez Bayard Canada, redonne une voix à celles et ceux qui ont dû fuir pour regagner leur liberté. Sous la plume de Webster, douze récits mêlant archives, narration et faits historiques révèlent des parcours de courage, de résistance et d’espoir. Un ouvrage puissant qui donne accès à une page méconnue de notre histoire.

Aux racines de la peur

On le sait, l’horreur a la cote auprès des jeunes. Chair de poule garantie, tension constante et juste ce qu’il faut d’interdit, le roman d’épouvante captive autant qu’il terrifie. Avis aux amateurs du genre, et particulièrement aux adeptes de la série Chroniques de Molochville, aux éditions Les Malins : le collectif d’auteurs (Véronique Drouin, Jocelyn Boisvert, Sandra Dussault et Mathieu Fortin) à l’origine de cette ville cauchemardesque, où le diable aurait élu domicile, remonte le temps avec L’origine du mal. Dans ce roman sombre et immersif, où se mêlent horreur, tension psychologique et cruautés ordinaires, les lecteurs sont confrontés aux confins de ce lieu maudit et aux parts les plus obscures de l’âme humaine. Les frissons se poursuivent avec Mémoires fantômes, le nouveau roman de Fabrice Boulanger, aux éditions Québec Amérique. Encore tourmentée par la mort de son frère, Jessie emménage avec sa mère dans une ville isolée. Sa rencontre avec un adepte d’urbex la mène jusqu’à un ancien hôpital psychiatrique abandonné, où les secrets du passé n’ont pas fini de hanter les vivants. Et parce que l’horreur ne se vit pas seulement dans la fiction, les amateurs de mystères pourront poursuivre leur exploration de l’étrange avec Encyclopédie noire : Les fantômes, de Julie Champagne, parution spéciale soulignant les dix ans de la collection « Noire », aux éditions la courte échelle. À mi-chemin entre documentaire et cabinet de curiosités, cet ouvrage abondamment illustré s’intéresse aux fantômes sous toutes leurs formes : croyances, folklore, histoire, science et culture populaire s’y côtoient avec humour et esprit critique. Une lecture surprenante pour les férus du paranormal comme pour les plus sceptiques.

Des suites attendues

Certaines séries marquent durablement les esprits. Tome après tome, les personnages nous deviennent si familiers qu’on attend avec impatience le plaisir de les rejoindre, comme de vieux amis. Pétronille, la plus adorable des sorcières, revient pour une septième aventure dans Larmes de yéti non salées, publiée chez Druide. Cette fois, une mission urgente l’entraîne jusqu’aux montagnes de l’Himalaya, où elle devra retrouver un mystérieux yéti pour sauver la hutte de Baba Yolanda. Entre franche rigolade, magie et rebondissements, ce nouveau tome d’Annie Bacon, illustré par Boum, confirme le charme d’une série aussi inventive qu’irrésistible. Les lectrices qui ont grandi aux côtés d’Alice, personnage iconique créé par Sylvie Louis aux éditions Dominique et compagnie, seront heureuses de renouer avec leur héroïne dans le neuvième tome inédit du Journal secret d’Alice Aubry : Ado pour vrai! Désormais en première secondaire, Alice jongle avec les amitiés, les premières amours, les examens et les enjeux de l’adolescence, toujours avec la vivacité qui la caractérise. Autre héroïne chouchou des jeunes lectrices, Juliette reparaît pour une vingt-cinquième aventure dans la série créée par Rose-Line Brasset aux éditions Hurtubise. Dans La frayeur de Juliette, la globe-trotteuse met le cap sur Grosse-Île, où une croisière scolaire se transforme en une nuit inquiétante. Entre références historiques, suspense et découvertes, cette nouvelle escapade confirme pourquoi Juliette continue de faire voyager des générations de lectrices.

Le sport dans tous ses états

Exaltant, le sport a cette capacité de rallier les foules, jusque dans les pages des romans. Il insuffle aux récits une énergie incomparable et donne naissance à de grands récits où ténacité et détermination repoussent les limites du possible. L’album Amanda et le hockey sonore, d’Alain M. Bergeron, publié chez Gründ Québec, raconte l’une de ces histoires inspirantes : celle d’Amanda Provan, première femme à intégrer l’équipe nationale de hockey sonore. Au fil des pages, les jeunes lecteurs s’initient aux particularités de ce sport encore méconnu, tout en étant touchés par un récit sensible qui célèbre l’inclusion et la pluralité des vécus. Avec Francis et Fanie (t. 1) : Mise au jeu, de l’autrice Élise Goulet Pedersen, publié aux Éditions Michel Quintin, le hockey figure le point de départ d’une histoire d’amitié, de résilience et de dépassement de soi. Tandis que Francis voit son rêve d’être sélectionné par une équipe AA lui échapper, Fanie tente de surmonter son anxiété pour prendre sa place à l’école. Enfin, les amateurs de baseball seront servis avec Histoires de balle, de Daniel Grenier, publié aux Éditions du Boréal. Entre roman sportif et fanfiction inspirée de grands classiques du cinéma, l’auteur signe un premier roman jeunesse des plus originaux. À travers trois aventures où le baseball est roi, il célèbre l’amitié, la persévérance et la liberté dans une langue accessible, qui séduira autant les mordus de ce sport que les lecteurs friands d’histoires captivantes.

L’autre et l’ailleurs

À une époque où les discours sur l’immigration, l’identité et le vivre-ensemble occupent une place grandissante dans la sphère publique, la littérature offre un précieux contrepoids : celui de la nuance et de la compréhension. Deux essais incitent à dépasser les idées reçues pour aller à la rencontre de l’autre. Dans Kaléidoscope, publié chez Leméac, le sociologue Rachad Antonius soumet une réflexion éclairante sur les relations entre les communautés arabes et la société québécoise. En déconstruisant les préjugés entourant l’islam, la laïcité ou encore les accommodements, il favorise un échange empreint d’empathie et de respect. De son côté, Migration, frontières, exil, de Stéphanie Garneau et Fredy Linus Bouchen, publié chez Écosociété dans la très pertinente collection « Radar », donne un visage et une voix à une réalité trop souvent réduite aux statistiques. À travers le récit bouleversant de Fredy, les auteurs rappellent que derrière l’exil se cache une histoire humaine, faite de résilience, de confiance et d’une recherche fondamentale de dignité. Ensemble, ces deux ouvrages nous invitent à poser un regard plus juste sur celles et ceux qui arrivent d’ailleurs, à interroger nos certitudes et à envisager la diversité non pas comme une menace, mais comme une richesse collective.

Un soupçon d’amour

imageL’amour n’a pas qu’un seul visage. Il peut surgir comme un coup de foudre, grandir au gré des mots ou laisser un écho bien après une séparation. Trois romans de la rentrée explorent cette émotion universelle sous des angles aussi contrastés que touchants. Dans Flocon, de Lisa-Marie Gagnon, publié chez Hurtubise, Nico, une adolescente en pleine remise en question identitaire et amicale, doit apprendre à naviguer dans le délicat passage vers l’âge adulte. Entre une amitié inattendue avec une fillette au grand cœur, le sauvetage d’un lièvre blessé et son premier émoi amoureux vécu auprès d’Ezra, elle apprendra que grandir ne signifie pas de renoncer à ce qui la rend unique. Avec Fall in Love, chez Auzou, Sophie Jomain signe une romance qui embaume les épices automnales. Une mystérieuse correspondance anonyme transforme peu à peu l’existence d’une jeune femme, tandis que lettres, confidences et rendez-vous manqués confirment que l’amour se construit parfois une page à la fois. Enfin, Juliette sans Roméo, d’Amélie Bibeau publié chez Héritage, tisse un contrepoint poignant en abordant l’amour à travers le prisme du deuil. Dans une prose poétique d’une grande sensibilité, le roman évoque la force qu’il faut pour poursuivre après le départ de l’être aimé.

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