À lire sur Radio-Canada Livres Lire
Les « bains de forêt » de Melissa Mollen Dupuis attirent à nouveau les honneurs. L’animatrice, réalisatrice et militante d’Ekuanitshit remporte cette fois le prix First Nation Communities Read 2026-2027 pour son cahier d’activités jeunesse Nutshimit, illustré par Élise Gravel.
Je flotte sur mon petit nuage
, admet Melissa Mollen Dupuis sur les ondes de l’émission Côte à côte. Elle est fière de voir son œuvre rejoindre ses publics cibles. Le cahier d’exercices invite les enfants à compléter des dessins de la faune ou à écrire des blagues racontées par un carcajou, par exemple.
En 2024, Nutshimit : un bain de forêt, également illustré par Élise Gravel, avait déjà mérité le prix Ruth & Sylvia Schwartz, attribué par un jury de jeunes lecteurs de l’Ontario.
Nutshimit : le cahier d’activités (à gauche) et l’album original Nutshimit : un bain de forêt (à droite), tous deux nés de la collaboration entre Mélissa Mollen Dupuis et l’illustratrice Élise Gravel.
Photo : Radio-Canada
Pour cette nouvelle distinction, ce sont plutôt des bibliothécaires issus des bibliothèques publiques des Premières Nations de l’Ontario qui lui ont décerné le prix pour promouvoir l’importance de la littérature autochtone à travers tout le Canada.
Le savoir des Innus, souvent, ça va se limiter au Québec, mais grâce à Nutshimit, il y a beaucoup de personnes anglophones qui ont accès à notre culture
, ajoute l’autrice. Ça nous reconnecte à l’université de la forêt!
Reconnecter les jeunes à la nature
Si Nutshimit : un bain de forêt cherchait à raconter le rapport personnel de l’autrice aux espaces naturels qui l’entoure, le cahier d’activités invite plutôt les jeunes à découvrir eux-mêmes leur territoire.
La forêt, c’est partout, même au centre-ville de Montréal. On a juste fait nos tipis un peu plus élevés.
L’artiste innue précise d’ailleurs que cet ouvrage s’adresse à tous les jeunes qui ont un intérêt pour les espaces verdoyants, pas seulement ceux issus des Premières Nations.
Nutshimit: le cahier d’activité invite les enfants à interagir directement avec les pages grâce à des jeux créatifs.
Photo : Radio-Canada
Les gardiens du territoire, ce ne sont pas juste les autochtones, ça doit aussi être ceux qui habitent le territoire avec nous
, dit-elle. C’est aussi simple que d’aller se promener dans le bois et d’apprendre le nom des arbres et des plantes et d’apprendre à quoi ils servent.
Elle ajoute que le fait de transmettre ces savoirs simples permet d’effacer l’imaginaire colonial et de guérir le colonialisme dans l’esprit des enfants, des parents et des enseignants, afin d’atteindre une véritable réconciliation.
Dans cette même lancée, Mélissa Mollen Dupuis travaille déjà sur son prochain projet intitulé Nipi : un portage, axé sur la relation à l’eau et le rôle des femmes en tant que gardiennes des rivières.
D’après une entrevue de Catherine Paquette






