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«Et le chant reste beau», Sara Garneau

Source : Le Devoir

Le premier livre de Sara Garneau est un journal de deuil, celui d’une femme qui pourrait bien être son double de papier, une endeuillée par suicide qui cherche à élucider le départ soudain de l’être aimé. Prenant la forme d’une adresse à l’absent — un homme qui était engagé dans une démarche littéraire, mais aussi philosophique et même spirituelle —, le texte tient du récit de soi aussi bien que de l’essai littéraire. Avec cet homme qu’elle ne nomme jamais, ou plus exactement avec les riches écrits qu’il a laissés, la narratrice élabore un dialogue dans lequel s’immiscent Rilke, Andreas-Salomé, Nietzsche, Thoreau, Hesse, Camus et Melville. « Je n’ai rien pu faire contre ton départ, alors je t’écris. Je t’écris comme on court, comme on crie, comme on creuse des sillons sur son corps. J’écoute l’écho de ta voix me parler de choses invisibles. » Sans s’apitoyer sur son sort, et sans pour autant fuir la douleur, la narratrice entreprend de se rescaper elle-même, une opération dans laquelle l’écriture, ce « fil, tendu au-dessus de l’irréparable », joue un rôle crucial.

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Titre: Et le chant reste beau

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