À lire sur Radio-Canada Livres Lire
La quatrième édition du Festival de poésie VIVACES s’achève à Maria. Plus de 500 personnes ont pu participer à la vingtaine d’événements propulsés par l’organisme Poème en août.
Le Festival de poésie s’est déployé cette année sur trois sites distincts, soit le chapiteau du Parc du Vieux-Quai, l’Auberge Mowatt et la Grange de Poème en août. L’église de Maria accueille aussi un spectacle pour la première fois. Il s’agit du spectacle littéraire Architectures de la joie, œuvre d’Anaïs Barbeau-Lavalette, Steve Gagnon et Cédric Dind-Lavoie, qui se tiendra à guichets fermés dimanche soir.
VIVAVES a aussi accueilli 10 autrices dans le cadre d’une tournée pour célébrer les 55 ans du Noroît, une maison d’édition de poésie au Québec. Une dizaine d’autres poètes se sont alternés sur scène pour le spectacle Je vous aime tant, de Queen Ka, suivi d’un micro ouvert auquel tous pouvaient participer.
Nana Quinn qui a performé aux côtés de 14 autres poètes lors du 5 à 7 de lancement dans la grange de Poème en août, à Maria.
Photo : Gracieuseté de : Vanessa Bell
Pour une deuxième année, l’organisation a aussi mis sur pied un volet professionnel, une journée d’échanges et de rencontres dédiées aux formes que prennent l’écriture et la collaboration.
Ce qu’il y a d’intime dans tout
Cette année, VIVACES s’est articulé autour des notions d’attention à l’autre, d’écoute, de bien-être et de vivre-ensemble. Comme l’explique la codirectrice, Suzie Larrivée, ce sont des thèmes chers à l’organisme qui s’inscrivent toujours en filigrane du festival. D’une manière peut-être plus prononcée cette année
, ajoute-t-elle.
Suzie Larrivée est codirectrice de VIVACES avec son partenaire, Jean-François Dugas.
Photo : Facebook : Poème en août
Au-delà des ateliers et des spectacles, cet esprit de bienveillance s’est traduit par la création d’espaces d’échange, propices au ralentissement et à l’écoute. Suzie Larrivée souligne d’ailleurs la richesse des moments qui ont ponctué ces trois jours, emplis de rencontres, aussi de réseautage, de prise de connaissances, de partage
.
La poésie, c’est pour tout le monde. Ça pose un regard neuf sur ce qui nous entoure; ça peut nous permettre d’évoluer puis de changer le monde.
VIVACES se donne d’ailleurs le mandat d’élargir les horizons de la poésie, d’intéresser des personnes qui lisent moins, qui se sentent peut-être moins interpellées par tout ça
, précise-t-elle.
La poésie comme moteur d’attraction
Le festival attire désormais un public de fidèles qui dépasse largement les frontières de la Gaspésie. Il y a des gens qui s’informent quelques mois avant pour savoir c’est quand nos dates
, se réjouit la codirectrice.
Ces passionnés de littérature se mêlent de manière naturelle avec la population locale, notamment lors de rendez-vous chaleureux comme le traditionnel souper communautaire Moules, Fricot, Poésie
qui se tient chaque année le samedi soir. Cette activité agit comme un point de rencontre indispensable entre les communautés. Ça amène un nouveau public également […] qui reste pour le spectacle ensuite
, observe Suzie Larrivée.
Le public s’est rassemblé malgré la pluie pour entendre deux autrices publiées par les Éditions Perce-Neige, dont Sophie Rochefort, originaire de Gaspé.
Photo : Gracieuseté : Vanessa Bell
Malgré cette popularité croissante, pas question pour l’équipe d’entrer dans une logique de croissance démesurée. VIVACES souhaite préserver l’intimité qui fait son charme.
On est un micro-festival puis on va le demeurer aussi. Nous, on ne vise pas non plus à attirer 3000 personnes. […] On est un festival qui est basé sur la proximité, sur les relations humaines.
Décentraliser la culture, pour la suite du monde
Faire vivre un festival littéraire d’envergure en Gaspésie comporte des défis logistiques et financiers. Selon Suzie Larrivée, l’éloignement des grands centres implique que la majorité des dépenses sont liées à l’accueil des participants. C’est le financement qui est relié au transport des invités quand ils viennent de l’extérieur, à l’hébergement
, dit-elle.
De plus, contrairement aux festivals de musique ou de chanson qui peuvent s’appuyer sur des revenus autonomes plus élevés, le milieu littéraire se trouve constamment dans un genre de développement perpétuel
, compare Suzie Larrivée.
Malgré cette précarité, l’organisme tente de préserver l’accessibilité, notamment par l’organisation d’activités gratuites, afin d’offrir une vitrine, aussi, aux auteurs et autrices d’ici.
L’autrice Perrine Leblanc, qui habite à Port-Daniel, discute avec la poète Louise Warren, publiée au Noroît.
Photo : Gracieuseté de : Vanessa Bell
Pour la codirectrice, faire rayonner la littérature en Gaspésie est indispensable. Grâce à VIVACES, elle espère susciter des espaces de rencontre entre la communauté locale et les artistes, entre les plus jeunes et la poésie.
C’est super important aussi que les plus jeunes d’ici voient que oui, peut-être qu’on peut faire carrière en littérature […], d’avoir des modèles, de montrer que des modèles comme ça, on en a chez nous aussi là
, affirme-t-elle. VIVACES sera de retour l’an prochain pour une cinquième édition.










