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La distribution bien aguerrie qui compose la production – notamment Guylaine Tremblay, Martin Drainville, Émilie Bibeau, Marc Beaupré – permet à l’univers de Serge Boucher de se déployer à son plein potentiel. Car si les dialogues sont importants, les subtilités du jeu d’acteur doivent accompagner un texte constitué de conversations convenues, qu’elles témoignent de la nouvelle tondeuse de Richard ou du sens de l’orientation douteux de Denis.
« C’est que Serge Boucher fait palpiter des drames sourds sous l’apparente banalité d’échanges légers; il rend aussi magnétiques que bouleversantes les tragédies et les joies ordinaires », exprime Édith Patenaude, metteuse en scène de la pièce, sur le site Web de Duceppe.
Grâce à un dispositif scénique ingénieux – un bloc suspendu formé de fenêtres coulissantes défilant comme des clichés photographiques – , le public accède à des parcelles d’intimité des membres de la famille, montrant les failles qui les habitent.
« Comment peut-on passer les uns à côté des autres sans savoir de quoi l’autre est en train de vivre ou de mourir… Ce leitmotiv m’a guidé tout au long de l’écriture de 24 poses (portraits) », explique le dramaturge dans le programme de la soirée.
Serge Boucher, aussi connu pour être l’auteur des pièces Motel Hélène et Avec Norm, est également le scénariste des téléséries Aveux, Apparences, Feux, Olivier, Fragile et Fragments.

Extrait
FRANÇOIS
Ah j’te dis, y’é-tu beau c’te François-là!
Tous rient.
CAROLE
T’es pas mal beau avec tes p’tits cheveux courts!
ANDRÉ
Avec tes lunettes ça t’donne un p’tit air frais chié.
CAROLE
Ben non! Moi j’trouve que ça y donne plutôt un p’tit air d’intellectuel.
ANDRÉ
C’est c’que j’disais. Ça revient au même!
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Photo : © Théâtre Duceppe






