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Repenser le monde en cinq essais

Source : Le Devoir

Près de 30 ans après la mort de Diana, Charles Spencer revient sur le lien qui l’unissait à sa sœur. Le regard du frère restitue une Diana intime, qui existait avant que naisse son surnom de « princesse du peuple ». On se souvient qu’en septembre 1997, lors des funérailles de Diana à l’abbaye de Westminster, Charles Spencer avait prononcé un discours poignant retransmis dans le monde entier. Le récit remonte aux années où les deux benjamins de la fratrie partageaient le domaine familial, les épreuves de l’internat et l’expérience du divorce de leurs parents. Spencer retrace le destin de Diana, passée de jeune aristocrate à épouse du prince de Galles, puis à figure planétaire. Il évoque une femme engagée auprès des plus vulnérables et une mère attachée à ses fils. Fondé sur les souvenirs de l’auteur, des documents et des témoignages, le livre fait entendre la voix d’un frère derrière l’icône. Charles Spencer raconte le parcours de Diana jusqu’à sa disparition, au moment où l’histoire familiale rejoint la mémoire collective.

À Pékin, la puissance ne se proclame plus. Elle se construit par étapes, en combinant poids économique, maîtrise technologique et force militaire dans une stratégie de long terme. Pierre-Antoine Donnet souligne le contraste entre l’avancée méthodique de la Chine et les hésitations des démocraties occidentales. À ses yeux, la Russie reste une menace, mais c’est l’empire du Milieu qui change véritablement la donne. Autour de Xi Jinping, un pouvoir fortement centralisé déploie sa stratégie dans le temps long. Ancien correspondant de l’Agence France-Presse à Pékin, l’auteur s’appuie sur son expérience du terrain pour décrypter les rouages d’un régime. L’alliance avec Moscou, la guerre en Ukraine et les volte-face de Donald Trump créent, selon lui, une conjoncture très favorable aux ambitions chinoises. Le diagnostic tient de l’avertissement. À force de traiter leurs crises séparément, les démocraties pourraient ne mesurer qu’après coup le déplacement du rapport de force mondial.

La viande est-elle vouée à disparaître de nos assiettes ? David Nicolas nous appelle à nous méfier des conclusions hâtives. L’empreinte environnementale de l’industrie ne se mesure pas aux seules émissions de carbone. Elle dépend des animaux, de la qualité des sols et des méthodes d’élevage. L’ouvrage rappelle d’ailleurs que la viande accompagne l’humanité depuis 2,5 millions d’années, mais que ses répercussions varient selon le mode de production. Élevés à l’herbe d’après les principes de l’agriculture régénérative, les animaux peuvent restaurer les sols et soutenir la biodiversité. L’essai examine ainsi les données sur la santé, les limites du modèle intensif et les conditions d’un élevage respectueux du vivant. Entrepreneur et athlète, l’auteur défend une consommation moins culpabilisante, mais plus exigeante sur l’origine des produits. Il invoque notamment le paléoanthropologue Pascal Picq et l’ingénieur agronome Pierre Weill. À rebours des discours qui condamnent la viande en bloc, David Nicolas nous invite à regarder du côté des conditions de production. Le problème ne serait pas la viande elle-même, mais la manière dont elle est produite.

Tout semble avoir été dit sur Vladimir Poutine, depuis son enfance à Saint-Pétersbourg jusqu’à son arrivée au Kremlin, en passant par sa carrière dans les services secrets. Pour Roman Badanine et Mikhaïl Roubine, ce portrait demeure pourtant incomplet. Les auteurs pénètrent dans les coulisses du pouvoir russe, au cœur des réseaux et des fidélités qui ont accompagné l’ascension de Poutine. Menée pendant 20 ans au moyen de centaines d’entretiens, leur enquête choc révèle la montée d’un dirigeant, ses réseaux, ses mensonges et ses prédations. L’homme qui se rêve en tsar y apparaît mû par l’exercice sans frein d’une autorité absolue et par une quête d’enrichissement hors norme. Déjà remarqué, ce livre événement dépasse le seul parcours de Poutine. Il reconstitue également la trajectoire de la Russie, depuis la fin de l’URSS jusqu’à la concentration progressive d’un pouvoir sans limites. Fondateurs du média indépendant Proekt, les auteurs ont dû s’exiler après avoir été menacés et désignés comme « agents de l’étranger ».

Dans son nouvel essai, Ilan Pappé examine les différents avenirs possibles d’Israël, de la transformation de l’État à la fin du système politique actuel. Selon l’historien israélien, la guerre à Gaza a accentué l’isolement international du pays et a mis en lumière une crise qui dépasse l’affrontement avec le Hamas. Le danger, affirme-t-il, vient d’abord du projet politique israélien lui-même, qu’il lit à travers le vocabulaire de la colonisation et de la domination. La voie qu’il esquisse repose sur la justice réparatrice, le retour des réfugiés palestiniens, le démantèlement des colonies illégales et la reconstruction de liens avec le monde arabe. L’historien mise aussi sur

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