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En cette Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, l’auteur et professeur de littérature anglaise à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Mustapha Fahmi, participe au Festival du livre africain de Marrakech.
L’événement, dont le thème est Imaginer d’autres possibles
, regroupe des écrivains d’origine africaine ou qui ont écrit à propos de l’Afrique.
Natif de Marrakech, M. Fahmi croit que le pouvoir transgressif des œuvres de fiction, dont les siennes, nous permet de dire les choses qu’on ne peut pas dire dans la société
.
Mustapha Fahmi a occupé les fonctions de vice-recteur de l’UQAC de 2012 à 2017. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Une des raisons pourquoi on m’a invité, c’est que l’un des thèmes récurrents dans mes livres, dans tous mes livres, c’est que la littérature est plus vraie que la vie
, mentionne le spécialiste de Shakespeare au micro de l’émission C’est jamais pareil.
Les personnages littéraires sont presque toujours plus vrais que les personnes qu’on rencontre quotidiennement.
Le pouvoir des livres
Pour exemplifier sa pensée, l’ex-recteur de l’UQAC pendant plusieurs années y va d’un exemple.
Supposons que vous me trouvez ennuyeux. Est-ce que vous allez me le dire? […] Supposons que moi je vous trouve ennuyeux, est-ce que je vais vous le dire?
Maintenant, imaginons si nous étions deux personnages dans une pièce de théâtre ou dans un roman, est-ce que nous hésiterions une seule seconde à nous dire en face : « T’es vraiment ennuyeux? » Alors qu’est-ce qui est plus vrai, la littérature ou la vie?
Coïncidence ou pas, celui qui a consacré sa thèse de doctorat à l’œuvre de Shakespeare souligne que son passage au festival marocain survient le jour de l’anniversaire de la naissance et du décès du célèbre dramaturge anglais, né et mort le 23 avril.
Shakespeare occupe par ailleurs une part important du plus récent roman de M. Fahmi, La beauté de Cléopâtre, publié aux éditions La Peuplade.
Des lecteurs plus sensibles
Dans une ère où les technologies, comme l’intelligence artificielle, menacent le respect des droits d’auteur, M. Fahmi estime toutefois que les lecteurs, de plus en plus nombreux, sont aujourd’hui plus sensibles à ces enjeux.
Je le vois quotidiennement au Saguenay, les gens lisent de plus en plus et ils sont de plus en plus conscients des enjeux
, observe-t-il.
Je parle aux gens, que ce soit mes étudiants, que ce soit des gens dans des conférences, […] ils sont conscients de ça et ils cherchent maintenant un savoir plutôt qu’une information
, ajoute-t-il.






